Expertise Diatomées

Les diatomées, des bio-indicateurs

Qu’est-ce qu’une Diatomée ?

Les diatomées sont des algues microscopiques unicellulaires, dont la taille varie de quelques micromètres à plus de 0,5 mm. Elles sont dotées d’un squelette externe en silice que l’on nomme « frustule » ; ce frustule est composé de deux parties, appelées « valves », que l’on peut représenter par une boîte (fond et couvercle). La forme et les ornementations des valves sont les caractères distinctifs de chaque espèce, ce sont donc ces critères morphologiques qui permettent leur détermination.

Elles vivent dans tous types de milieux à condition qu’ils permettent de réunir des condition d’humidité adéquats ; les diatomées sont donc omniprésentes dans les cours d’eau. Certaines vivent fixées sur tous types de supports (pierres, végétaux, animaux, etc.), on parle alors de diatomés « benthiques ». Associées à d’autres groupes d’algues et de bactéries, elles forment un tapis biologique que l’on appelle « biofilm » ; c’est ce biofilm qui fait l’effet « savonnette » bien connu pour ceux qui ont déjà marché dans un cours d’eau.

Comment indiquent-elles la qualité des cours d’eau ?

Les conditions du milieu, telles que la température, la luminosité, les caractéristiques hydrauliques et physico-chimiques sont autant de paramètres qui influencent la vie des diatomées benthiques. Ces dernières possèdent donc des sensibilités variables à ces conditions environnementales (pollutions organiques, salines, acides et thermiques). Ainsi, certaines espèces de diatomées vont être tolérantes aux pollutions et vont se développer dans des milieux pollués (pollution organique, eutrophisation, etc.) ; elles sont « polluotolérantes ». D’autres espèces de diatomées, au contraire, pourront se développer exclusivement en l’absence de ces pollutions (létales) et colonisent donc uniquement des cours d’eau de très bonne qualité ; elles sont « polluosensibles ». Face à des perturbations ou des pollutions majeures, les diatomées présentes ne peuvent ainsi que subir (pour les plus résistants) ou mourir (pour les plus sensibles). Les diatomées présentes dans un milieu sont par conséquent représentatives des conditions environnementales de ce milieu.

En plus de leur caractère de polluo-sensibilité, elles sont présentes dans tous les cours d’eau (ubiquistes), abondantes et faciles à collecter. Les diatomées benthiques sont ainsi considérées comme de très bons indicateurs de la qualité globale d’un écosystème aquatique : on parle de « bio-indicateurs ».

Les indices biologiques Diatomées

L’analyse du peuplement de diatomées benthiques d’un cours d’eau permet d’évaluer la qualité biologique de ce milieu par le calcul d’indices biologiques :

  • l’IPS (Indice de Polluosensibilité Spécifique – Coste in Cemagref, 1982)
  • l’IBD (Indice Biologique Diatomées - AFNOR NF T 90-354, décembre 2007). L’IBD traduit plus particulièrement le niveau de pollution organique (saprobie) et trophique (nutriments : azote, phosphore). Il est susceptible d’être impacté par la contamination de toxiques (micro-polluants minéraux ou synthétiques).

Ces indices permettent de donner une note sur 20 au milieu étudié. Ils sont calculés grâce au logiciel OMNIDIA. L’interprétation en termes d’état écologique de cette note (en cinq classes de qualité) est définie à l’échelle national dans la norme IBD et de manière plus précise, selon les hydroécorégions, définies dans l’arrêté du 27 juillet 2015.