Expertise Macro-invertébrés

Les Macro-invertébrés, des bio-indicateurs

Qu’est-ce qu’un Macro-invertébré aquatique

Le terme « Macro-invertébrés aquatiques » désigne l’ensemble des insectes, des crustacés, des mollusques et des vers ayant une phase au moins de leur cycle de vie (larve, nymphe, adulte) en milieu aquatique et visibles à l’œil nu (c’est à dire de taille supérieure à 0.5 mm). Les macro-invertébrés étudiés vivent essentiellement sur le fond des cours d’eau ; on parle alors de macro-invertébrés « benthiques ».

Ils colonisent différents substrats, aussi bien minéraux tels que des blocs, des pierres, des graviers, du sable, qu’organiques, tels que des végétaux, des branchages, de la litière. Par ailleurs, ils sont relativement sédentaires et, pour beaucoup d’entre eux, inféodés à certains types de substrats (pierres, végétaux, bois...).

Ils constituent un maillon important de la chaîne alimentaire aquatique car ils font partie du régime alimentaire de nombreux poissons, oiseaux et amphibiens.

Comment indiquent-ils la qualité des cours d’eau ?

Les conditions du milieu, tels que les habitats présents dans le lit de la rivière, la hauteur de la colonne d’eau ou la qualité physico-chimique de l’eau sont autant de paramètres qui influencent la vie des macro-invertébrés benthiques. Ces derniers possèdent donc des sensibilités variables à différents stress (pollution ou modification de l’habitat). Ainsi, certains groupes sont très résistants aux perturbations, ils sont dits « polluo-tolérants », comme les vers plats, d’autres sont au contraire très sensibles aux perturbations, ils sont dits « polluo-sensibles », tels que les perles. Face à des perturbations ou des pollutions majeures, les populations en place ne peuvent ainsi que subir (pour les plus résistants) ou mourir (pour les plus sensibles). Les macro-invertébrés présents dans un milieu sont par conséquent représentatifs des conditions environnementales de ce milieu.

De plus, les macro-invertébrés ont une durée de vie relativement longue (quelques mois à quelques années) ce qui leur permet d’intégrer les différentes perturbations du milieu sur de longues périodes.

En plus de leurs caractères de polluo-sensibilité et d’intégrateur, ils sont présents dans tous les cours d’eau (ubiquistes), abondants et relativement faciles à collecter. Les macro-invertébrés benthiques sont ainsi considérés comme de très bons indicateurs de la qualité globale d’un écosystème aquatique : on parle de « bio-indicateurs ».

Les indices biologiques Macro-invertébrés

Des indices biologiques visant à l’évaluation de la qualité des cours d’eau ont été élaborés en se basant sur le peuplement des macro-invertébrés aquatiques benthiques : l’IBGN (Indice Biologique Global Normalisé – AFNOR NF T90-350, mars 2004) ou l’IBGA (Indice Biologique Global Adapté aux grands cours d’eau).

Plus récemment, pour répondre aux prérogatives européennes, l’IBG-DCE (Indice Biologique Global DCE compatible – AFNOR XP T90-333, septembre 2009 et XP T90-388, juin 2010) a été développé.

Un nouvel indice biologique, appelé I2M2 (Indice Invertébrés Multimétrique) est en cours d’élaboration. L’I2M2 a pour objectif de palier les faiblesses de l’indice actuel en prenant notamment en compte de façon explicite l’abondance et la diversité des taxons rencontrés ainsi que le ratio « Taxons polluo-sensibles / Taxons polluo-résistants ».

Ces indices permettent de donner une note sur 20 au milieu étudié. L’interprétation en termes d’état écologique de cette note (en cinq classes de qualité) est définie à l’échelle national dans la norme IBGN et de manière plus précise, selon les hydroécorégions, définies dans l’arrêté du 27 juillet 2015.